Deuxième jour de la Treizième semaine
Début d'après-midi

Lerian n'aimait pas beaucoup les Lycans. Enfin, il n'avait aucun grief à leur encontre, simplement il les trouvait trop... Différents. Pour tout dire, il n'était guère à l'aise face aux autres races. Même les Vampires lui donnaient des frissons, malgré leur présence abondante dans les villes Tuathannes. Mais peu importaient ses sentiments personnels : il avait une mission à accomplir, et il n'y manquerait pas. Le Roi souhaitait convoquer l'un des chefs de meutes -peut-être même plusieurs, à ce que le messager avait entendu-, il ne savait pas pourquoi et cela ne le regardait pas, il se contentait d'exécuter. Au moins les Loups Sombres étaient-ils faciles à trouver, c'était la plus grande meute parmi les lycans -et la seule que Lerian connaissait, d'ailleurs. Et ils avaient l'avantage non-négligeable d'avoir établi leur territoire à proximité de la frontière, il n'aurait donc pas à traverser toute cette sombre forêt peuplée d'étrange créatures. Cette seule pensée lui donnait des frissons. Il était pourtant un homme fait, dans la fleur de l'âge, plutôt bien bâti même. Il avait connu son lot de bagarres et ne s'était jamais défilé. Mais ça, c'était différent. Des hommes qui se changent en loup, de frêles femmes ailées qui parlent avec les plantes, c'était... Enfin, peu importait.
Il se recentra sur ce qui l'avait amené aussi loin de chez lui. Il venait d'entrer sur le territoire des Loups et observait autour de lui avec anxiété. Quelques huttes de ci de là, des Lycans qui l'observaient, sous forme humaine ou animale. À moins que ce ne fut de vrais loups ? Il n'en savait rien. Il descendit de cheval et interpella une jeune femme qui passait par là. Les hommes le mettaient plus mal à l'aise encore...
« Veuillez m'excuser, Madame. Je suis un messager du Seigneur Aardocan du Rohal, Roi des Tuathans. Je souhaiterais m'entretenir avec... -il hésita sur la formulation à adopter, ne connaissant pas le titre à donner à un chef de meute, et opta finalement pour la simplicité- avec Monseigneur Grindorl, d'une affaire de la plus haute importance. Pourriez-vous me menez jusqu'à lui ? »
La jeune femme hocha simplement la tête et lu fit signe de la suivre. Elle le conduit à quelques pas de là, dans une espèce de clairière un peu à l'écart du « village », au pied d'un grand chêne.
« Attendez ici. »
Après quoi elle disparut sans plus de cérémonie. De plus en plus anxieux, Lerian attendit, donc, tentant de se rassurer en se disant que s'ils lui avaient voulu du mal, ils ne se seraient sans doute pas fatigués à le mener jusqu'ici.